En Allemagne la proposition d’Ursula von der Leyen, la ministre conservatrice de la Famille, d’augmenter le nombre de places de crèche a déclenché un débat de fond. L’intention de tripler l’offre de places disponibles d’ici 2013 révèle les différentes conceptions par rapport à la famille, l’éducation et le rôle des femmes.
Ursula von der Leyen (CDU), a mis en émoi le pays en annonçant son intention d’ouvrir 750.000 places de crèche supplémentaires pour les enfants de moins de trois ans. Alors que le rapport de l’UNICEF de 2006 indique que l’engagement de l’Allemagne pour créer un environnement favorable aux enfants et à leur développement est assez insuffisant, la grande coalition est en pleine discussion sur le nombre de places à créer et leur financement.
Effectivement, la distribution des places de crèche est marquée par une forte disparité. Quand en Allemagne de l’Est, dans les nouveaux länder, 32% des enfants de moins de trois ans ont accès à une crèche publique l’Allemagne de l’Ouest ne peut le garantir qu’à 8% d’entre eux. C’est ainsi que la ministre allemande énonce une augmentation du taux pour que en moyenne 35% de tous les petits puissent bénéficier d’une place. Cette politique a pour objet de faciliter la décision de fonder une famille et d’offrir aux femmes la possibilité de poursuivre une carrière professionnelle en conciliant travail et famille.
Ces “nouvelles” propositions ne font que répondre aux accords signés à Bruxelles. Pourtant, ces orientations ne font pas l’unanimité. Paradoxalement, les critiques les plus virulentes viennent de son propre camp. Certains conservateurs estiment qu’Ursula von der Leyen ruine les valeurs de la droite traditionnelle. La plupart de l’Union chrétienne (CDU/CSU) a encore du mal à remettre en cause le modèle de l’homme gagnant le pain du ménage et elle défend l’image que le jeune enfant ne peut s’épanouir qu’auprès de sa mère. Par contre, la gauche social-démocrate, les Verts (Die Grünen) et les extrêmes gauches (Die Linke.) soutiennent grosso modo la ministre de la Famille. Pour financer le projet les sociaux-démocrates ont proposé de suspendre l’augmentation de l’allocation familiale de dix euros, de réduire les avantages fiscaux pour la garde, l’éducation et/ou l’instruction des enfants et de supprimer la déclaration séparée des revenus des époux. N’ayant pas encore proposé son concept de financement, l’Union chrétienne refuse l’idée de faire payer les crèches par d’autres familles. Ainsi, elle défend le mariage comme une conception particulièrement digne de protection dont elle n’acceptera pas la remise en cause, ni celle de ses avantages fiscaux.
La grande coalition n’arrivait pas à se mettre d’accord sur un compromis lors de sa dernière réunion. Jusqu’à la prochaine consultation qui aura lieu le 16 avril les conservateurs ont exigé de vérifier le nombre de places requises ainsi que leur financement. L’opposition a rappelé à ne pas contester la nécessité d’augmenter les places en crèche. De plus, ils ont critiqué le fait que parallèlement au débat du financement de ces places, on n’avait pas hésité à abaisser les impôts sur les sociétés.
Adeline OTTO
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Accord sur la garde des enfants de moins de trois ans « Deutsch-französische interparlamentarische Zeitung/ Journal interparlementaire franco-allemand // juillet 30, 2007 à 2:44 |
[...] Voir aussi les articles : Deutsche Familienpolitik : Selbstbild spricht Bände und Places en crèche et l’éducation d’enfant : un débat idéologique [...]