Deutsch-französische interparlamentarische Zeitung/ Journal interparlementaire franco-allemand

Le réchauffement climatique : un grand débat en Allemagne

mai 9, 2007 · Laisser un commentaire

Beaucoup d’Allemands sont fiers de la conscience écologique qu’ils attribuent à leur pays. Les Allemands trient soigneusement leurs déchets, le gouvernement précédent a décidé de mettre un terme à la production d’énergie atomique…Néanmoins tous ne sont pas satisfaits : le commissaire à l’environnement de l’Union européenne a demandé plus d’engagement de la part de la république fédérale d’Allemagne pour réduire ses émissions CO2.
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Sa critique a reçu ensuite un fort soutien de Klaus Töpfer, ancien ministre de l’environnement et ancien directeur du Programme des Nations Unies pour l’environnement. Selon lui il existe une grande divergence entre l’exigence et l’action : en ce qui concerne la consommation par personne l’Allemagne n’est pas seulement devant des pays en voie de développement comme la Chine ou l’Inde, mais également devant la France. Chaque Allemand produit en moyenne 10 tonnes de CO2 par an, un Français moins de sept, un Chinois trois et un Indien une seule.

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Umweltbundesamt (Office fédéral de l’environnement)

Entre-temps le débat sur le réchauffement climatique, qui était très médiatisé en Allemagne, a produit ses premiers fruits politiques. Le ministre de l’environnement Sigmar Gabriel a présenté fin avril un projet gouvernemental destiné à abaisser de 40% d’ici 2020 le taux d’émissions de CO2 de 1990. Cela implique 10 à 20 points de plus que l’objectif de l’Union Européenne, qui s’est engagée à réduire les émissions de CO2 d’au moins 20%, voire 30% si d’autres nations industrialisées rejoignaient ce projet.

Cette réduction de 40% serait atteinte par huit mesures. Par exemple, la consommation d’électricité doit être réduite de 11%, la consommation d’énergie doit baisser grâce à la rénovation des bâtiments et à des installations de chauffage plus efficaces. Les transports les moins polluants seront également promus. De plus, le pourcentage des énergies renouvelables dans le “mix énergétique” est censé passer de 12% à plus de 27%. M. Gabriel s’attend à des coûts d’environ trois milliards d’euros d’ici 2010, bien que l’Office fédéral de l’environnement parle de 4 milliards par an.

L’opposition au Bundestag, notamment le parti vert, a critiqué ces mesures jugées insuffisantes et plusieurs organisations environnementales comme Greenpeace et WWF ont constaté que la déclaration n’était pas assez concrète. Faisant allusion à l’énergie atomique, le député FDP Michael Kauch a remarqué que M. Gabriel n’avait rien dit de nouveau et qu’aucun point de divergence n’a été clarifié. Le FDP et une partie de la CDU réclament l’arrêt de la sortie de l’énergie atomique, alors que les Sociaux-démocrates, y compris M. Gabriel, et les Verts défendent cette sortie de toutes leurs forces.

Par contre M. Gabriel et la Grande Coalition continuent a privilégier le lignite et la houille, des énergies qui produisent beaucoup de CO2. Selon les projets des entreprises d’énergie, 26 nouvelles centrales à charbon sont prévues dans les années prochaines. C’est pourquoi le Commissaire à l’environnement de l’Union européenne a de nouveau critiqué la politique du gouvernement allemand : qui construit aujourd’hui des nouvelles centrales à charbon, doit se rendre compte que une telle politique coûtera cher à tous à long terme.

Melanie HENNEBERGER

Catégories : actualité politique en Allemagne · journal interparlementaire - version française

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