L’Allemagne est-elle un partenaire privilégié pour promouvoir les projets de la présidence française de l’Union Européenne ?

La présidence française de l’Union Européenne s’approche. Peut-être cette présidence sera-t-elle la dernière à plein temps pour la France avant que les nouvelles modalités du Traité de Lisbonne entreront en vigueur.

Tandis que la présidence allemande avait pour l’objectif de relancer la discussion sur un nouveau traité pour l’Union Européenne, la présidence française pourrait maintenant aborder des questions de fonds si le référendum en Irlande permettrait la ratification du Traité de Lisbonne. Effectivement, les objectifs de la présidence française s’affichent déjà en nombre de six : l’énergie et le climat, la défense commune, le bilan de la santé de la PAC et ainsi l’avenir de la politique agricole commune, l’immigration, l’application du Traité de Lisbonne avec la nomination du Président du Conseil Européen, le Haut Représentant de la Politique Etrangère et l’Union pour la Méditerranée. Néanmoins, les propositions précises se font encore attendre malgré des travaux préparatoires à tous les niveaux. Le travail de coordination entre les parlementaires, les chefs d’états et les chefs de gouvernement avant juillet sera effectivement important pour que l’Union Européenne avec ses 27 états-membres puisse enfin avancer sur les priorités françaises. Mais est-ce qu’il y aurait une position commune du couple franco-allemand sur les priorités françaises au cours du deuxième semestre 2008 ?

Selon Charles Grant du Centre for European Reform, un think-tank situé à Londrès « The Germans number one rule is no surprises, and Sarkozy keeps springing surprises. » Par conséquent, une coopération franco-allemande qui prendra en compte le goût d’organisation et de coordination précoce des Allemands est indispensable pour éviter un nouveau blocage. Le projet de l’Union pour la Méditerranée a déjà fait preuve d’un tel blocage en raison des démarches unilatérales. Si la démarche française s’inscrirait dans une autre logique différente celle autour de l’Union pour la Méditerranée, l’Allemagne pourrait devenir un partenaire privilégié sur les dossiers défense, l’immigration et l’application du Traité de Lisbonne. Le dossier d’énergie et de climat se heurte à la décision de la sortie du nucléaire – une décision qui ne sera pas remise en question ouvertement avant 2009 en Allemagne. De même, l’essai de lancer déjà les discussions sur l’avenir de la PAC est pris en compte sur le côté allemand mais les avis à Berlin et à Paris resteront peut-être divergents sur le dossier de l’agriculture commune.

Les priorités s’affichent ainsi dans des nombreux domaines ce qui fait surgir un scepticisme propice aux Allemands: les objectifs pour la présidence françaises sont-elles trop ambitieuses ? Est-ce que une telle variété de priorités permettrait-elle d’avancer sur le fonds ? Dans cette perspective, il reste rassurant que les relations franco-allemandes ne se fassent pas seulement au niveau de chefs d’états et de gouvernement – un travail a été déjà commencé qui ne fait pas la une en comparaison avec le couple médiatisé Merkel-Sarkozy. Néanmoins, au moment où les précisions sur les priorités françaises ne sont pas encore clairement affichées, l’Allemand restera sceptique et anxieux.

Anne TIEDEMANN

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