Les concepts financiers du SPD et de la CDU

Tant du côté des socio-démocrates (Sozialdemokratische Partei Deutschlands, SPD) que des chrétien-démocrates (CDU), la priorité est à la consolidation budgétaire au moins jusqu’au terme de l’actuelle législature en 2009. Une fois l’équilibre des comptes publics rétabli, le SPD préconise, par la voix de son secrétaire général Kurt Beck, une baisse des charges sociales, financée par une hausse de l’impôt sur les revenus les plus élevés. Au contraire, la CDU privilégie une baisse des impôts.

Le SPD s’oppose catégoriquement à une baisse des impôts. En effet, selon Kurt Beck, ce sont avant tout les charges sociales et non les impôts qui pèsent sur les revenus faibles et moyens. Ainsi, la part des charges sociales, actuellement de 40 %, doit être ramenée sous la barre des 36 % sans que cela ne porte atteinte au système de sécurité sociale. Les coûts engendrés par une telle mesure, évalués à quelques milliards d’euros, seraient financés par une hausse de l’impôt sur les revenus les plus élevés. A l’avenir, le taux d’imposition maximale pour les revenus annuels d’un célibataire supérieurs à 125 000 euros (et non plus 250 000 euros) et ceux d’une personne mariée supérieurs à 250 000 (et non plus 500 000 euros) serait porté à 45 %. Par ailleurs, le parti envisage la réintroduction de l’impôt sur la fortune supprimé en 1997, qui nécessite une majorité politique au Bundestag. Etant donné le niveau élevé de la dette publique, Kurt Beck a réaffirmé la volonté du parti de maintenir, sur le court et moyen termes, le niveau d’imposition et des charges sociales à taux constant ; les marges de manœuvres résideraient dans une meilleure répartition des richesses. Cette position a donné lieu à des dissensions internes au parti, l’aile gauche refusant de considérer la consolidation budgétaire comme une finalité politique.

La CDU a émis de fortes critiques à l’égard du concept financier social-démocrate. Selon la chancelière Angela Merkel, celui-ci se réduit à une « redistribution et à une hausse des impôts » aux effets nuisibles sur la cohésion sociale. Selon le secrétaire général de la CDU, Ronald Pofalla, la hausse des impôts défendue par le SPD pèserait fortement sur les revenus des classes moyennes. Mais de même que pour le SPD, la CDU considère la baisse des charges sociales déterminante pour la création d’emplois et la compétitivité internationale des exportations allemandes. Ainsi, l’objectif est de maintenir les charges salariales en dessous de 40 % et d’augmenter la part des investissements dans la recherche à 3% du PIB jusqu’en 2010. La chancelière a exclu une baisse des impôts avant la fin de l’actuelle législature. Cette mesure n’est envisageable qu’une fois la dette publique résorbée. Les seules marges de manœuvre possibles résideraient dans l’allègement des charges de l’indemnisation chômage engendré par une baisse du taux de chômage.

Claire ROTHFUSS

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