Réformes des universités

La France et l’Allemagne face à la demande de formation des étudiants et au défi de la mondialisation

La place et les évolutions souhaitables de l’enseignement supérieur et de la recherche en Europe font aujourd’hui l’objet d’un vif débat politique. Le sujet est primordial, car il conditionne l’indépendance intellectuelle de l’Europe de demain, sa capacité à former au mieux les nouvelles générations, à développer l’emploi et à attirer les meilleurs étudiants. Les universités devraient jouer un rôle majeur dans la perspective que s’est donnée l’Union européenne lors du Conseil européen de Lisbonne en 2000 de devenir d’ici à 2010 « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique dans le monde ». Certaines réformes ont déjà été engagées au niveau européen pour contrer la fuite des cerveaux, en particulier vers les Etats-Unis. Cependant, des phénomènes persistants, tels que, en France, le taux d’échec très élevé en première année d’université, ainsi que les résultats dans les classements internationaux apportent une preuve de la nécessité de réformes au niveau national.

Les réformes des universités engagées en France et en Allemagne afin de relever les défis énoncés montrent une certaine convergence. En dépit des différences importantes dues à l’histoire des systèmes de l’enseignement supérieur ainsi qu’à la structure politique des deux pays, l’objectif commun est le renforcement des performances nationales, notamment à travers une autonomie croissante.

La loi française du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités renforce la gouvernance des universités françaises en leur donnant des responsabilités élargies notamment en matière budgétaire et de gestion des ressources humaines. Ainsi, elles peuvent recruter des professeurs sur contrat et sont responsables de l’attribution des primes aux personnels affectés à l’établissement. De même en Allemagne, les traitements versés aux professeurs nouvellement nommés depuis 2005 comprennent un traitement de base qui est complété par une prime. Ce dispositif, qui suscite également des craintes d’un écart grandissant entre les universités, a été créé afin de mieux affronter la concurrence internationale pour les meilleurs enseignants-chercheurs et, en conséquence, les meilleurs étudiants. Les réformes prises dans les deux pays introduisent la possibilité d’un transfert de propriété immobilière aux universités et renforcent leur liberté quant à leurs statuts. Le choix du statut de fondation de droit public, par exemple, permet aux universités allemandes de lever en partie la tutelle du Land et facilite la collecte de fonds. Dans le même esprit, la France vient d’introduire par décret un nouvel outil financier, à savoir les fondations universitaires. Les tendances vers une ouverture accrue au privé, la création de pôles d’excellence ainsi que l’accroissement des moyens dédiés à l’enseignement supérieur, récemment préconisés en France dans le rapport Attali, ressemblent beaucoup aux réformes allemandes.

Certes, ces différents systèmes de formation gardent l’empreinte de traditions nationales persistantes, notamment dues à l’organisation fédérale ou nationale de l’enseignement supérieur. Dès l’origine, les compétences de l’État fédéral allemand ont été très limitées en ce domaine, puisque la Loi fondamentale de 1949 a conféré la responsabilité pour le système d’enseignement supérieur aux Länder. De cette organisation fédérale résulte que, contrairement à la France, le statut des universités ainsi que leurs conditions de fonctionnement peuvent varier selon les Länder. Ainsi, même le prélèvement des droits d’inscription, qui en France est fixé au niveau national par l’État, dépend depuis 2005 des gouvernements des Länder. Par conséquent, ils peuvent être changés au gré des constitutions de coalition de gouvernement, comme cela est actuellement discuté en Hesse.

L’autre grande différence concerne le système des établissements d’excellence que sont, en France, les « grandes écoles ». Ce système typiquement français sélectionne ses élèves, dans l’idéal républicain de la méritocratie, par un concours d’entrée. Les grandes écoles fournissent la majorité des dirigeants français, d’où la particularité que les élites du pays ne viennent pas des universités, mais d’un système à part, régulièrement accusé de favoriser la reproduction sociale. Ce système surprend toujours à l’étranger, notamment en Allemagne, qui, du fait de son histoire, a développé une certaine méfiance à l’égard de la notion d’« élite ».

Cependant, les évolutions récentes démontrent une certaine convergence, même en ce qui concerne les établissements d’excellence. L’Allemagne semble vouloir rompre avec l’idéologie très égalitariste, qui a prévalu dans l’université depuis les années 1950, tandis que les réformes françaises tendent à rapprocher les grandes écoles et les universités.
Les nouveaux outils créés par la loi pour la recherche pourraient y contribuer. Ainsi, la constitution des PRES (Pôles de recherche et d’enseignement) pourrait changer le paysage français en regroupant des universités et des grandes écoles notamment pour des raisons de compétitivité. Un exemple nous est donné par le projet de l’université Robert Schuman, l’Institut d’études commerciales supérieures (IECS) et l’Institut d’administration des entreprises (IAE) de former un pôle spécialisé dans le management, dans le cadre de la fusion des trois universités strasbourgeoises en cours de préparation : il en résultera moins de distance et plus de fluidité entre les systèmes.
Au contraire, les réformes en Allemagne entraînent une distinction accrue entre les universités. Ainsi, l’ « initiative excellence allemande » (Exzellenzinitiative), décidée en juin 2005, prévoit 1,9 milliard d’euros pour financer, sur cinq ans, trois types de projets sélectionnés : des écoles doctorales, des pôles ou « clusters » d’excellence associant centres de recherche universitaires et extra-universitaires ainsi que des stratégies d’avenir pour le développement de la recherche universitaire de pointe. Les neuf universités sélectionnées pour leur stratégie d’avenir sont, ainsi, nommées « universités d’élite », un concept qui n’existait pas encore en Allemagne. Certes, ces nouvelles « universités d’élite » ne sont pas comparables aux grandes écoles, même si la législation des Länder donne de plus en plus souvent la possibilité aux universités de sélectionner une proportion importante de leurs étudiants. Elles diffèrent essentiellement quant à leur réputation, leur public, leur fonctionnement, leur rôle dans la société, et, en conséquence, quant à leur impact sur la vie des étudiants. La culture allemande n’a pas favorisé un système de sélection d’élites, comme le font les grandes écoles en France, où il est de toutes façons ancré dans les esprits que le « vivier » doit être formé par cette voie. Ainsi, le rapprochement entre les grandes écoles et les universités en France, qui devrait être accompagné d’un changement de toute la société, ne se réalisera qu’à travers un processus de très longue durée.
Cependant, les réformes récentes sont déjà des premiers pas vers une plus grande convergence des systèmes d’enseignement supérieur, et lèvent des obstacles à la construction de l’espace européen de l’enseignement supérieur et de la recherche. Facilitant la coopération binationale et européenne, elles s’inscrivent dans les efforts pour atteindre l’objectif de devenir « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique dans le monde ». Cette perspective ne se réalisera que si les établissements d’enseignement supérieur européens réussissent à renforcer leur potentiel de recherche, à mieux le valoriser dans ses rapports à l’économie et à contribuer ainsi au développement de nouveaux marchés. De plus, ils doivent attirer et former un plus grand nombre d’étudiants et soutenir les plus prometteurs. Cela implique, outre le renforcement de leur compétitivité, également des efforts pour assurer l’égalité de chances, qui, évidemment, n’est pas assurée par le système actuel marqué par une sous-représentation des catégories modestes dans les grandes écoles.

Carolina BRÄUNLEIN

Bienvenue chez les Ch’tis

Mit 20 Millionen verkauften Eintrittskarten ist „Bienvenue chez les Ch’tis“ der bisher erfolgreichste französischer Kinofilm Frankreichs, bald werden dort mehr Kinokarten über den Ladentisch gegangen sein, als für „Titanic“. Und trotzdem wird er wohl nicht weltweit ein großer Erfolgsfilm sein. Warum?

Dany Boons Film erzählt die Geschichte eines ganz normalen Südfranzosen, der von seiner Firma nach Nordfrankreich zwangsversetzt wird, weil er etwas ausgefressen hat. Seine Familie bricht in Panik aus, malt sich das Schlimmste aus und die Frau bleibt sogar im schönen Süden, weil sie „einfach nicht kann“. Am Nordpol, wo die Sonne nie scheint, wo es immer kalt und dunkel ist und wo nur Monster leben, nein, da kann sie nicht leben.

Voller Ängste begibt sich Philippe Abrams also in die neue Stadt und entdeckt nach ein paar lustigen Szenen charmante KollegInnen. Viel Komik des Films basiert auf dem unverständlichen Dialekt Nordfrankreichs, und der guten Laune der Menschen im Norden.
Als der Film Ende Februar in die Kinos kam, war nicht zu erwarten, dass ein Film über eine Region mit hoher Arbeitslosigkeit, wenig Tourismus und wenig Attraktivität soviel Erfolg haben könnte. Aber der liegt an der einfachen Darstellung des Alltags von Menschen ohne Vorurteilen im Kontakt mit Menschen voller Vorurteile. Der Konflikt der Mentalitäten Norden versus Süden ist in der französischen Gesellschaft präsent, wenn auch nicht so stark wie in der witzigen filmischen Darstellung. Positiver Nebeneffekt: In der Resonanz hat der Film zu einem neuen Interesse an der schönen Nordregion geführt: die Regionalregierung hat ein Nutzungsrecht der Bilder, die Biermarke in dem Film erfreut sich eines neuen Interesses und der Tourismus könnte dieses Jahr einen besonderen Zuwachs erlangen. Sogar das Wort „biloute“, nordisches Kosewort, könnte einigen Quellen zufolge den Eingang in die einsprachigen Wörterbücher des Jahres 2009 schaffen. Was bei der starken Lexikografietradition der französischen Sprache eine besondere Ehre bedeutet.

Vor dem Hintergrund des anhaltenden Erfolgs des Films wurde darüber verhandelt, ihn fürs Ausland zu synchronisieren oder gar die Geschichte an einem anderen Ort neu zu drehen. „Welcome to the Sticks“ soll die englische Fassung sein, Will Smith will vielleicht den Film neu drehen und die Variante „Welcome to the Blacks“ nach Amerika bringen. Das ist wohl besser so, denn wie soll man in Deutschland oder Amerika die Verballhornung regionaler, kultureller und sprachlicher Identitäten einer Kultur verstehen, in der man sich nicht bewegt? In Deutschland könnte man sich auch vermutlich einen armen Sachsen vorstellen, der nach Bayern zwangsversetzt wird und dort entdeckt, dass die Bayern auch etwas anderes als Würstchen und Bier zu sich nehmen, dass es dort auch Städte gibt und dass nicht alle ein Bild von Stoiber in ihrem Wohnzimmer aufgehängt haben.

Adeline DUVIVIER

L’Allemagne accélère l’innovation

Dans la compétition internationale, les entreprises européennes délocalisent de plus en plus leurs sites de production dans des pays qui bénéficient d’une main-d’oeuvre nettement moins onéreuse. De même, elles se voient contraintes de céder des parts de marché à la concurrence.
Afin de garantir la stabilité du niveau de l’emploi et de préserver la pérennité des acteurs économiques, il est indispensable de se protéger par le biais d’avantages technologiques.

Le gouvernement allemand a fait preuve de son ambition de promouvoir l’innovation et profiter en même temps de ses retombées économiques. Ainsi, le gouvernement a lancé une série de projets visant à soutenir la compétitivité outre-Rhin.

Fort de son savoir-faire en matière d’énergies renouvelables, l’Allemagne intensifie ses efforts en accompagnant les PME qui souhaitent exporter des produits ou services à haute efficience énergétique. Les techniques innovantes doivent donc permettre que les produits et marques allemands deviennent synonyme à la fois de qualité et d’efficience énergétique.
Concrètement, un site internet et un secrétariat en coopération avec la Chambre de commerce ont été mis en place. Leur mission consiste, par exemple, à organiser des voyages d’affaires pour rencontrer des interlocuteurs internationaux ou à promouvoir la participation d’entreprises allemandes aux salons à l’étranger.

Toujours dans le domaine de la réduction de la facture énergétique, l’organisation nationale pour les technologies de l’hydrogène et des piles à combustibles (NOW, Nationale Organisation Wasserstoff- und Brennstoffzellentechnologie) vient d’être créée. Le champ d’activité très large, concerne entre autres les combustibles, les chaudières ou diverses applications industrielles.
Doté d’un investissement gouvernemental d’un milliard d’euros répartis sur dix ans, cet organisme est chargé de coordonner la recherche en la matière au niveau national. L’objectif est clair: il s’agit d’aboutir à des produits commercialisables.

L’un des problèmes majeures auxquels la recherche se heurte fréquemment est lié à une coopération insuffisante entre chercheurs et responsables d’entreprises. A cette fin, l’accent est mis sur le développement des clusters (pôles de compétitivité en Amllemagne) afin de les rendre plus performants. Actuellement, douze pôles se sont qualifiés pour la finale d’un concours, qui distribuera au total environ 600 millions d’euros aux projets les plus prometteurs. L’aide sera versée par le ministère de l’Education et de la recherche.

Enfin, le progrès technologique n’est guère possible sans réunir les talents des chercheurs du monde entier. Troisième pays d’accueil des jeunes chercheurs étrangers après les USA et la Grande-Bretagne, l’Allemagne bénéficie déjà d’une certaine attractivité.
Le but du gouvernement allemand est donc d’internationaliser la science et la recherche en intégrant ses jeunes chercheurs dans les meilleurs réseaux internationaux et d’attirer en parallèle des scientifiques étrangers. Des bourses attractives seront sans doute appréciées. Puis, il s’agit d’inverser la fuite des cerveaux allemands en créant des conditions favorables à leur rapatriement.

Par ailleurs, l’Allemagne compte établir des centres spécifiques partout dans le monde. Tandis que des projets concrets existent déjà pour Moscou et New Delhi, des études sont en cours pour des sites asiatiques et mêmes africains ou sud-américains. Par conséquent, les efforts déployés auraient un double-effet car ils contribueraient également au développement économique et social des pays.

L’ensemble des mesures décrites ci-dessus témoigne de l’importance qu’attachent les dirigeants allemands à l’avenir de la recherche et à la compétitivité de l’économie. En effet, ce sont des initiatives indispensables pour préserver la pérennité des entreprises et de l’emploi allemands.

Peter STANISLAUS

Projet de loi relatif aux OGM: Texte « grenellement » modifié ?

Après avoir été adopté de justesse à l’Assemblé nationale, le projet de loi relatif aux Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) a été voté en deuxième lecture au Sénat, mercredi 16 avril.

Le débat autour du texte qui organise la coexistence entre la filière OGM et les cultures conventionnelles est toujours aussi tendu, notamment suite au vote de l’amendement Chassaigne. L’amendement Chassaigne adopté par l’Assemblée nationale stipule que la mise en culture, la commercialisation et l’utilisation d’OGM ne pourront se faire que dans le respect des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des cultures „sans OGM“. Cet amendement sous-entend par conséquent que les OGM pourraient être interdits dans les zones d’Appellation d’Origine Contrôlées ou les Parcs Naturels Régionaux.

À droite, nombreux étaient ceux qui souhaitaient sa suppression: le premier ministre, François Fillon, le président du groupe UMP de l’Assemblée nationale, Jean-François Copé, et la plus grande partie des députés et sénateurs UMP. En réponse, le Président de la République Nicolas Sarkozy est intervenu afin de préserver l’amendement Chassaigne. Les sénateurs ont toutefois ajouté une précision: la définition du sans OGM « se comprend nécessairement par référence à la définition communautaire ». « Dans l’attente d’une définition au niveau européen, le seuil correspondant sera fixé par voie réglementaire, sur avis du Haut Conseil des biotechnologies, espèce par espèce », précisent-ils. Étant donné qu’il n’existe aucune définition européenne du sans OGM, le seuil d’étiquetage de 0,9 % s’appliquera par défaut, jusqu’à ce que le Haut Conseil ait donné un avis au cas par cas. La définition du seuil n’est pas anodine, car en dépendront les distances de sécurité entre les champs et les modalités d’indemnisation des agriculteurs contaminés.

L’opposition et de nombreuses associations de protection de l’environnement craignent que le texte ainsi rédigé ne tourne le dos au Grenelle de l’environnement. En effet, à l’issue du Grenelle, l’Etat s’était engagé à produire une « loi qui repose sur les principes suivants: liberté de choix de produire et de consommer sans OGM ». Dans ce sens, Nicolas Sarkozy qui était interrogé sur les OGM lors de son intervention télévisée de jeudi 24 avril a assuré qu’il ne trahirait ni l’esprit ni la lettre du Grenelle de l’environnement. Pourtant, l’opposition et les associations écologistes critiquent que pour l’instant le texte n’offre aucune garantie pour le droit et la liberté de consommer et produire sans OGM, sauf à considérer que « sans OGM» signifie en deçà du seuil d’étiquetage (0,9% d’OGM). Tout dépendra maintenant de la définition du seuil par le Haut Conseil de Biotechnologies. Les écologistes plaident pour que le sans OGM corresponde au seuil de détection technique, soit moins de 0,1 % d’OGM, et non au seuil d’étiquetage européen, soit 0,9 %. Un seuil de dissémination de 0,1% est notamment en vigueur dans une des régions en Autriche (la Steiermark). Vivement discutée était la question du seuil d’étiquetage aussi en Allemagne. La nouvelle loi sur le génie génétique du 15 février 2008 prévoit que l’étiquette «sans OGM» ne peut être utilisée que pour les produits qui contiennent moins de 0,1 % d’OGM.

En France, le débat sur les OGM est loin d’être fini. Bien que les autres dispositions du texte, comme la création du Haut Conseil des biotechnologies, la transparence des cultures au niveau de la parcelle, le délit de fauchage ou encore le régime de responsabilité des cultivateurs d’OGM – n’aient pas été retouchées par la majorité sénatoriale, les seuils d’étiquetage et de dissémination restent à définir. En mai, le texte reviendra devant les députés pour une dernière lecture.

Miriam FENDT

« Grenelle de l’environnement » : die französische Umweltrevolution ?

Direkt nach seiner Wahl organisierte Nicolas Sarkozy einen historischen und ambitionierten Umweltgipfel. Die ersten Gesetzesentwürfe werden allmählich im französischen Parlament verabschiedet.

Nicolas Sarkozy macht gerne Anspielungen auf die französische Geschichte. Mit seinem „Grenelle de l’environnement“ verspricht er eine „Revolution“ im Bereich der Umwelt. In dem Gedächtnis der Franzosen ist nämlich das Wort „Grenelle“ mit den Accords de Grenelle (Grenelle-Abkommen) verbunden, das an die Unruhen im Mai ’68 erinnert. In dem Arbeitsministerium, in der rue de Grenelle in Paris, hatten sich damals die Sozialpartner getroffen, um zusammen eine Lösung zu finden.

Mit dem „Grenelle de l’environnement“, geht es also dieses Mal darum, dass alle Partner der Umweltpolitik sich an einen Tisch setzen, um die notwendigen Reformen zu entwerfen. Diese plötzliche Leidenschaft von Nicolas Sarkozy für die Umweltpolitik kommt nicht von ungefähr. Wie seine sozialistische Gegnerin Ségolène Royal hatte er während des Präsidentschaftswahlkampfes den „Umweltpakt“ von Umweltschützer Nicolas Hulot unterschrieben. Ein Kompromiss, unter anderem, damit dieser populäre Ex-TV-Moderator nicht selbst kandidiert, um seine Ideen zu verteidigen.

Im Oktober 2007 haben sich also Beteiligte von den Ministerien, Gewerkschaften, Unternehmerverbänden und Umweltschutzverbänden zwei Tage lange zusammengesetzt, um diesen „Pakt“ in konkreten Vorschlägen zu formulieren. Am 26.10.2007 stellte Nicolas Sarkozy die Ergebnisse dieser Konsultation in Anwesenheit von José-Manuel Barrosso, Al Gore und Wangari Maahtai vor. Die Maßnahmen sind ambitiös: weniger Energiekonsum in den öffentlichen Gebäuden bis 2010; Ende des Autobahnbaus und im Gegenzug Ausbau des Schienennetzes um 2000 km bis 2020; Erhöhung der Anteile erneuerbarer Energien um 20 % des Energiekonsums bis 2020. Aber davon, dass Frankreich auf die Atomenergie verzichtet, ist gar nicht die Rede.

Nach der Zeit des Versprechens kommt die Zeit des Handelns. Sechs Monate nach diesem Umweltgipfel hat der erste wichtige Entwurf über die Verwendung von OGM (Kürzel für genmanipulierte Organismen) in der Landwirtschaft im vergangenen April eine riesige Debatte in der Assemblée Nationale sowie im Sénat ausgelöst. Ein Änderungsantrag des kommunistischen Abgeordneten Chassaigne über den Schutz der Landwirtschaft „ohne OGM“ führte zu hohen Spannungen zwischen Opposition und Mehrheit wie auch innerhalb der Mehrheit. Dieser Antrag wurde während der zweiten Lesung im Senat modifiziert und einige Umweltverbände fürchten, dass es schon ein erster Schritt weg von dem „Grenelle de l’environnement“ sein könnte.

Am 30. April hat der Umweltminister Jean-Louis Borloo nach langen Verhandlungen mit seinen Kollegen in der Regierung einen Gesetzentwurf vorgestellt, ein erster legislativer Schritt für die während des Umweltgipfels entschiedenen Maßnahmen. Die Umweltorganisationen werden diesen Entwurf genau beobachten, damit die französische Regierung ihre Versprechen hält. Für einige andere Punkte, wie zum Beispiel die Reduzierung der Mehrwertsteuer für die „grünen“ Produkte, soll diese legislative Etappe im Rahmen der EU stattfinden. Das könnte während der französischen EU-Ratspräsidentschaft im zweiten Halbjahr 2008 geschehen. Nicolas Sarkozy wird diesen Zeitraum wahrscheinlich dazu verwenden, um die neue Rolle von Frankreich als „Umweltpionier“ (eine Rolle, die sonst Deutschland gerne übernimmt) zu betonen.

Sébastien VANNIER

Promotion 2006/07 – qui sommes nous? Wer sind wir?

Mesdames et Messieurs, Chers amis franco-allemands,

L’échange franco-allemand d’assistants parlementaires stagiaires existe depuis bien des années. Il permet depuis 1989 à cinq jeunes Allemands de venir en France pour passer tout d’abord un semestre à Sciences Po et ensuite un stage à l’Assemblée nationale. Cinq jeunes Français font l’équivalent à Berlin. Comme le veut la tradition nous vous proposons le journal interparlementaire recueillant des articles par lesquels nous vous informons sur l’actualité politique en Allemagne et en France. Nous vous souhaitons une bonne lecture et restons à votre entière disposition concernant le journal ou tout autre sujet de portée franco-allemande.

Sehr geehrte Damen und Herren, liebe deutsch-französischen Freunde,

Das deutsch-französische Parlamentspraktikum besteht seit 1989. Es ermöglicht fünf jungen Deutschen nach Frankreich zu kommen, um dort ein Semester an Siences Po zu studieren und anschließend ein Praktikum in der französischen Nationalversammlung zu absolvieren. Fünf junge Franzosen durchlaufen dasselbe Programm in Berlin an der Humboldt Universität und im deutschen Bundestag. Seit einigen Jahren erstellt die jeweilige aktuelle Promotion eine interparlamentarische Zeitung, die über die politische Aktualität in Deutschland und Frankreich informiert. Wir wünschen ihnen eine interessante Lektüre und beantworten gerne Vorschläge und Fragen in bezug auf unsere Zeitung.

Les stagiaires allemands à l’Assemblée nationale:

melanie.1177337236.jpg Melanie HENNEBERGER

Melanie Henneberger a 27 ans et est diplômée de sciences politiques. Elle a fait ses études à Potsdam et Paris et des stages à Barcelone et à Mexico.

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Jan Knauer, 25 ans, né à Schorndorf en Bade-Wurtemberg, a étudié l’histoire et le droit public à Tübingen et Aix-en-Provence dans le cadre du cursus intégré franco-allemand d’histoire Tüb-Aix.

adeline-otto.1177337736.jpg Adeline OTTO

Née à Dresde, Adeline Otto a 24 ans. Elle étudie le français, les sciences politiques et la gestion d’entreprise à l’université de Leipzig. Elle a fait des stages au parlement régional de la Saxe et au Parlement européen.

thomas-raff.1177337826.jpg Thomas RAFF

Thomas Raff, 24 ans, est étudiant en droit à l’université de Heidelberg. Il est boursier de la Studienstiftung des Deutschen Volkes.

Heye Bild Heye SCHEFTEL

Heye Scheftel, 24 ans, est étudiant en sciences politiques à l’université de Brème. Il a effectué un séjour d’étude à Paris et un stage à Strasbourg.

Die französischen Praktikanten im Bundestag :

steph-petit.jpgStéphanie BLUTEAU:

Stéphanie Bluteau ist 22 Jahre alt und kommt aus Nancy. Sie hat Politikwissenschaften in Paris und Konstanz studiert, sie ist jetzt in Berlin mit Philosophie beschäftigt. Ihr deutsches Lieblingswort ist „Vergnügen »

photo-carole-petit.jpgCarole DEWEZ:

Carole Dewez ist 23 Jahre alt und kommt aus Reims. Sie hat Jura in Paris, Münster und Berlin studiert. Ihr deutsches Lieblingswort ist „pummelig »

pierre-petit.jpgPierre HAUSSWALT :

Pierre Hausswalt ist 22 Jahre alt und kommt aus Metz. Er h at Verwaltungswissenschaften in Paris, Berlin und Washington DC studiert. Sein deutsches Lieblingswort ist „Teufelskreis ».

juliette-petit.jpgJuliette ROGER:

Juliette Roger ist 22 Jahre alt und kommt aus Périgueux. Sie hat Verwaltungswissenschaften in Paris, Princeton und Berlin studiert. Ihr deutsches Lieblingswort ist „Sehnsucht »

La grève des conducteurs de train, symptôme d’une crise du modèle syndical allemand

Depuis plusieurs semaines, le conflit entre le syndicat allemand des conducteurs de train (Gewerkschaft Deutscher Lokomotivführer, GDL) et la compagnie ferroviaire allemande (Deutsche Bahn, DB) agite le milieu syndical et la scène politique outre-Rhin. Le président fédéral du GDL, Manfred Shell et vice-président, Claus Weselsky, réclament une convention tarifaire autonome et une hausse de 31 % de leurs revenus. Le directeur de la DB, Hartmut Mehdorn, et la responsable du personnel, Margret Suckale rejètent ces revendications qui remettent en cause l’équilibre syndical et menacent la « paix salariale ». Au lieu de cela, ils proposent d’appliquer la même convention tarifaire adoptée pendant l’été avec les deux autres syndicats, Transnet -qui rassemble près de 100 professions différentes, dont les conducteurs de train- et le syndicat des fonctionnaires allemands (Gewerkschaft Deutscher Bundesbahnbeamten und Anwärter, GDBA) -composée pour moitié de fonctionnaires du secteur ferroviaire-, soit une hausse de 4,5 % des salaires et le versement d’une prime unique de 600 euros. La DB n’a cependant pas exclu une hausse de salaire jusqu’à 10% et une indemnisation des heures supplémentaires non payées.

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La grève du GDL reflète une crise profonde du paysage syndical aux conséquences dramatiques sur le fonctionnement et l’avenir du modèle syndical allemand. Selon Horst-Udo Niedenhoff, expert à l’Institut économique de Cologne, « le temps de l’unité syndicale est révolu ». Dans ce contexte, il serait intéressant de s’interroger sur les spécificités de cette grève qui donnent un éclairage sur l’évolution des modes de participation et de négociations des syndicats allemands. On pourra ainsi constater que le « cas GDL » s’inscrit dans un contexte général de remise en cause des syndicats traditionnels et d’une certaine « crise » de légitimité auprès de leurs adhérents. Puis, nous étudierons l’impact de cette évolution sur la conduite de la politique tarifaire allemande ainsi que la réaction des syndicats allemands face au bouleversement du paysage syndical.

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Quelles sont les particularités de cette grève, considérée par Claus Weselsky, comme la « plus importante et la plus dure » que la DB n’ait encore jamais connue ? Le GDL est un des syndicats qui composent la Confédération des fonctionnaires allemands (Deutscher Beamtenbund, DBB), l’une des trois grandes confédérations syndicales allemandes. Il représente les intérêts d’une profession, les conducteurs de train (pour 80% d’entre eux, employés de la DB), et non d’une branche d’activité. Les deux autres syndicats, Transnet et GDBA s’opposent à l’attribution d’un tarif autonome au GDL qui conduirait à une désolidarisation intra-branche nuisible, sur le long terme, à leur pouvoir de négociations. Par ailleurs, ils qualifient d’ « absurde » les grèves de le GDL aux conséquences désastreuses sur l’entreprise et l’économie nationale, alors que le GDL s’est vu conforté dans son action par la décision du Tribunal de travail régional à Chemnitz lui autorisant de mener des grèves non seulement dans le transport de personnes mais aussi dans celui des marchandises. La DB, pour sa part, condamnent les méthodes syndicales fortes employées par le GDL qui refuse de s’asseoir à la table des négociations. En outre, une hausse de salaires d’une telle ampleur impliquerait une réévaluation de salaires de l’ensemble des professions que compte la DB.

Quels sont les motivations et motifs à ces revendications ? On peut penser à un pur égoïsme syndical, consistant à faire valoir les intérêts d’une profession au détriment de l’intérêt syndical général. Ou encore à un coup médiatique qui a permis au GDL, au cours des dernières semaines, de se rallier près de 1000 nouveaux adhérents. Ses méthodes fortes et les apparitions très médiatisées de ses représentants ont su convaincre, de même que la prime de 100 euros offerte à tout nouveau adhérent. On peut aussi supposer que le GDL, conscient des dangers d’une privatisation de la DB, joue sa « dernière carte » : l’entrée en bourse du capital de l’entreprise à hauteur de 49 % ne laisse en effet guère espérer une augmentation future des salaires.
Certes, le GDL est le plus ancien syndicat allemand et, par conséquent, ne représente par en soi un phénomène nouveau. Mais il ne masque pas pour autant l’apparition de syndicats de professions, tels que Cockpit pour les pilotes ou Marburger Bund pour les médecins. Selon Frank Ulrich Montgomery, président du Marburger Bund, les médecins ont obtenu, en 2006, sans le soutien du syndicat Ver.di, une hausse de salaires de près de 13%. Ces succès poussent d’autres professions à s’organiser en syndicats, tels que les secrétaires ou les ingénieurs. Au contraire, depuis le début des années 90, les syndicats traditionnels souffrent d’une désaffection de leurs membres. Depuis sa création en 2001, Ver.di a perdu un cinquième de ses adhérents. Parallèlement à cela, des voix se font entendre au sein des cercles syndicalistes de gauche pour une réforme du syndicalisme allemand.
Les raisons à l’émergence de ces syndicats de professions sont donc plus profondes. Elles sont symptomatiques de la crise de représentation et de légitimité que traversent les grands syndicats et les trois principales confédérations syndicalistes. Pour éviter licenciements et délocalisations, les syndicats ont sacrifié de nombreux acquis sociaux, laissant ainsi se dégrader les conditions de travail. Les syndicats de métiers, qui jugent trop consensuelle l’approche des grands syndicats, emploient des méthodes directes et participatives venant combler le déficit démocratique ressentit par la base syndicale et gagnent ainsi la confiance des militants désoeuvrés. En rompant l’union tarifaire avec Ver.di, Marburger Bund a vu son nombre d’adhérents passer de 80 000 à 110 000. En outre, selon Klaus Ernst, vice-président du groupe parlementaire du parti de gauche «Die Linke », les « syndicats traditionnels sont incapables de mener une politique tarifaire suffisamment différenciée au niveau de l’entreprise » alors que la spécialisation professionnelle n’a cessé de croître ces dernières décennies.

Le défi est donc de taille pour les syndicats. Il s’agit d’agir sur deux fronts : d’un côté, répondre aux revendications de professions toujours plus spécialisées et de l’autre côté, s’adapter aux nouvelles contraintes d’un environnement économique globalisé que seule une action concertée à un niveau national -notamment par des fusions entre syndicats-, européen -par une coopération entre syndicats européens- et voire international, peut influencer. Autrement dit, les syndicats traditionnels doivent satisfaire des attentes individuelles -dans un contexte de chômage croissant- tout en préservant le principe de solidarité entre syndicats.

L’apparition de syndicats de métiers a ainsi conduit à une érosion interne des normes tarifaires et remet en cause la politique tarifaire autonome allemande, qui a fait le succès du modèle syndical allemand jusque dans les années 80. Les confédérations de syndicats sont conscientes de la nécessité de prendre mieux en compte les différenciations croissantes au sein des entreprises et ont tenté de s’adapter au nouvel environnement syndical par un assouplissement de la politique tarifaire. Ainsi, à l’exemple des syndicats néerlandais ou scandinaves, les grands syndicats allemands tentent d’accroître les marges de manoeuvres des petits syndicats au sein des entreprises dans le cadre d’une « décentralisation contrôlée ». Le « traité de Pforzheim » adopté par IG Metall en 2004 a ouvert la voie vers une flexibilisation des conventions collectives régionales. En outre, l’introduction de « clauses d’ouverture » (Öffnungsklausel ) assouplissent les conventions collectives régionales en permettant, en cas de crise économique, de rémunérer les employés d’une entreprise en dessous du tarif en vigueur et de réduire le temps de travail sans ajustement des salaires. Or, ces mesures profitent bien plus aux entreprises qu’aux salariés en raison de la faible représentation des syndicats au sein des comités d’entreprises qui ne leur donne pas la légitimité nécessaire pour exercer un véritable poids sur les négociations salariales. En moyenne, seuls 20 % des membres siégeant aux comités d’entreprise sont syndiqués.

Pour être profitable aux employés, la flexibilisation suppose donc un partenariat équilibré entre acteurs sociaux et patronaux. Au contraire, en voulant supprimer les conventions collectives régionales (Flächentarifvertrag) au profit d’une convention tarifaire négociée au niveau de l’entreprise, le député conservateur chrétien-démocrate (CDU) Merz et le député du parti libéral (FDP) Westerwelle fragilisent ce partenariat dont dépend le bon fonctionnement de l’économie allemande. Si les organisations patronales peuvent tirer profit, sur le court terme, d’une dissolution des conventions collectives, elles seront confrontées, à l’avenir, à des grèves à répétition.

Pour les grands syndicats, il s’agit à l’heure actuelle de regagner la confiance de leurs militants. En prenant ses distances par rapport au parti social-démocrate (SPD) trop « libéralisé », le DGB espère regagner la confiance de ses adhérents. A l’occasion de son dernier Congrès du parti à Hambourg, le SPD a réaffirmé son attachement au « socialisme démocratique » et espère ainsi éviter un ralliement des syndicats au Parti « die Linke ». Toutefois, les évolutions récentes ont montré que les syndicats ont tout intérêt à préserver une certaine indépendance face aux partis politiques pour, non seulement, conserver leurs acquis mais aussi espérer une amélioration de leurs conditions de travail.